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La précarité des jeunes était analysée aux conférences de l'Olivier

Le 29 novembre 2013 | Actualités -

Le 21 décembre dernier, pour débuter la session 2013-2014 des conférences de l’Olivier, Aurore a choisi d'aborder la question de la précarisation de la jeunesse. A cette occasion, plusieurs professionnels du travail social sont intervenus afin de brosser un état des lieux de la situation et d’identifier des pistes de réflexion pour améliorer l’accompagnement de ce public.    

 

Une jeunesse fragilisée

Pénurie de logements, précarisation du marché de l’emploi, évolution du modèle familial et fragilisation du lien social… : les jeunes sont en première ligne face à la crise que connait notre pays. Ainsi, selon l’INSEE, plus de 20% des 18-25 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Et le profil des jeunes victimes de la crise est de plus en plus large : « Ces problèmes là ne concernent plus une certaine jeunesse mais la quasi-totalité de la jeunesse », évoque Olivier Renaud, dont l’association « Les Relais d’Accueil du Vallona » gère deux foyers de jeunes travailleurs (FJT). « Par exemple, parmi les jeunes que nous accueillons dans nos établissements, 1/3 est orienté par les services sociaux, 1/3 en situation de consolidation et 1/3 souffre d’un problème de logement » poursuit-il.  

 

Des besoins qui se creusent

Du fait des nombreux obstacles que rencontrent ces jeunes sur le chemin du monde adulte, de plus en plus nombreux sont ceux à devoir faire appel aux services sociaux. Ainsi, la FNARS estime à 25% la part des 18-25 ans accompagnés par ses associations adhérentes, quand bien même les jeunes ne représentent que 8,7% de la population française globale.

Par ailleurs, on constate une hausse sensible des demandes d’hébergement émanant de ce public, comme l’évoque Gilles Walquenart, Directeur territorial 95 à Aurore : « Sur les dispositifs hivernaux d’hébergement d’urgence par exemple, on observe une nette recrudescence des demandes des jeunes, alors que le nombre de places, lui, est loin d’augmenter. Et il est d’autant plus difficile de placer ces jeunes que beaucoup de ces services accueillent à l’origine un public très marginalisé, vivant à la rue. Ce ne sont pas des lieux vraiment adaptés aux jeunes, qui ont souvent besoin d’un cadre, d’un suivi psychologique… ». D’autres part, et s’ils semblent plus appropriés aux spécificités de ce public, les foyers pour jeunes travailleurs sont déjà saturés.

Au final, ces faiblesses en termes de prise en charge participent d’autant plus à la fragilisation de ces jeunes, aux parcours de vie parfois très chaotiques.

 

Fournir des réponses efficaces à ce phénomène

Au gré de cette conférence, les divers intervenants se sont donc accordés sur la nécessité de développer des dispositifs d’accompagnement adaptés aux besoins spécifiques que rencontrent ces nombreux jeunes. C’est dans cette démarche que s’inscrivent deux services d’Aurore, présentés lors de la rencontre : Urgence Jeunes à Gagny (93) et Studios Jeunes à Villiers-le-Bel (95). Tous deux adressés à ce public, ils interviennent néanmoins à des stades différents de l’accompagnement du bénéficiaire.

Le service Urgence Jeunes de Seine-Saint-Denis est un centre de stabilisation accueillant un public fragilisé  ne correspondant pas aux critères de prise en charge des foyers pour jeunes travailleurs. Pour s’adapter à ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, une équipe sociale complète et polyvalente s’emploie à assurer un suivi individualisé régulier à chacun des bénéficiaires. La plupart d’entre eux connaissant l’errance et cumulant souvent plusieurs « handicaps » (ruptures familiales, absence de diplômes, addictions…), l’accueil de ceux-ci n’est pas limité dans le temps.

« Il s’agit d’une souplesse importante pour ces jeunes qui ne se livrent pas facilement et ont besoin de temps pour identifier et formuler leurs véritables problèmes et envies » explique Caroline, éducatrice spécialisée au sein de la structure.

Le service Studios Jeunes de Villiers-le-Bel, lui, intervient à une autre échelle : il s’emploie à accompagner les démarches socio-professionnelles de jeunes beauvillésois ou sarcellois en situation de rupture familiale ou de déracinement. Pour ce faire, Aurore sous-loue 16 studettes conventionnées aux bénéficiaires, auxquels une assistante sociale de référence assure un suivi socio-éducatif personnalisé. Pouvant se prolonger jusqu’à deux ans, ce dispositif d’insertion a pour finalité d’accompagner le jeune vers une « normalisation » de sa situation, et son obtention d’un logement notamment.

Il s’agit là de deux dispositifs à l’écoute des besoins de jeunes fragilisés. Pour Gilles Walquenart, la réunion des différents acteurs de l’aide sociale semble être indispensable pour améliorer l’accompagnement des jeunes : « Il faut que nous puissions identifier les autres acteurs et construire un partenariat pour uniformiser nos actions en faveur du jeune en difficulté, qu’il s’agisse d’une situation d’urgence, de stabilisation ou d’insertion ».  

 

La prochaine conférence de l’Olivier aura lieu le 12 décembre prochain et portera sur la question de l’univers du sacré dans l’accompagnement social.

Aurore bénéficiera de la participation de Sadek Beloucif, Professeur des Universités, chef du service d’Anesthésie-Réanimation de l’hôpital Avicenne de Bobigny, ancien membre du Comité consultatif national d’éthique et du conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine.  

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