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Bertrand Munch, préfet de paris a découvert l'action d'Aurore auprès des usagers de crack

Le 17 mai 2013 | Actualités -

Après deux ans et demi d'expérimentation, Mijaos a fait découvrir au préfet, secrétaire général de la préfecture de Paris, Bertrand Munch, son action en faveur d'usagers actifs de crack.    

 

Usagers de crack : un public "sur-exclu"

Chacun a entendu parler de la place Stalingrad, dans le nord-est parisien. Réputée pour être un lieu de vente et de consommation de crack, cette place du 19ème arrondissement a longtemps été source de plaintes de la part de ses riverains. C'est à l'adresse des usagers de crack, en particulier ceux fréquentant régulièrement ce site, que s'est monté un projet expérimental adossé au service "Mijaos" d'Aurore. Il propose à ces personnes le plus souvent en errance un hébergement en chambre d'hôtel, et un accompagnement adapté.

François Hervé, directeur du pôle Addictions santé précarité d'Aurore a d'abord précisé aux personnes présentes les particularités de la consommation de crack et les spécificités de ce public : "Le crack est une forme fumable de la cocaïne, son effet est très puissant mais très court : on se sent pendant quelques minutes invulnérable et la "descente" est d'autant plus vertigineuse que l'on s'est senti sur-puissant. Cela conduit à renouveler la prise de crack, et à consommer près des lieux de vente, d'où ces concentrations de consommateurs. On consomme souvent jusqu'à l'épuisement. Par ailleurs le crack étant une substance excitante, elle peut générer de l'agressivité, voire une forme de rapport à l'environnement d'allure "paranoïde".

Mais lorsqu’on rencontre les usagers de crack, ils ont le plus souvent la sensibilité exacerbée des personnes fatiguées... Ces particularités doivent être connues et prises en compte par les équipes pour qu'un suivi adapté puisse se mettre en place, et il faut un certain temps pour pouvoir instaurer une confiance suffisante pour que ces personnes puissent s'appuyer sur nous pour évoluer [...] La difficulté, voire l'impossibilité, pour les personnes de s'inscrire dans un cadre strict ont entraîné ce public vers la "sur-exclusion" [...] Le projet de Mijaos est justement de proposer un hébergement, sans autre attente que le maintien d'un lien avec les équipes sociales. Garantir de la souplesse pour "accrocher" la personne, c'est le pari de cette expérimentation."
  a précisé Geneviève Baraton, responsable du service.  

Stabilité de l'hébergement et souplesse de l'accompagnement : des principes d'action qui portent leurs fruits

 En moyenne âgées de 45 ans, les 14 personnes sont hébergées et accompagnées au sein des places d'hôtel financées aujourd'hui à titre expérimental par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale.

Depuis 2 ans et demi, l'équipe de Mijaos constate les effets positifs de cet hébergement stable : " La vie des cracker est souvent très morcelée : ils font des allers-retours en prison (à cause des  stupéfiants), ils arrêtent, puis reconsomment, perdent leurs papiers, ont du mal à maintenir des liens sociaux. Or, cette chambre d'hôtel constitue un premier repère, c'est leur" havre de paix". Ils peuvent s'y reposer, se couper du monde de la drogue -les chambres sont par choix  éloignées des lieux de consommation-" a expliqué Caroline Richard, chef de service.

"Non seulement l'hébergement à l'hôtel se passe très bien, mais on note en plus une baisse globale de la consommation de crack. La stabilité que leur apporte le logement leur permet de s'éloigner de la drogue et l'accompagnement constant qu'on propose leur permet, très doucement, très progressivement, de se projeter dans l'avenir", a souligné cette dernière.

Très disponible et sensiblement intéressé par ce sujet, le préfet a ainsi échangé deux heures avec l'équipe d'Aurore, saluant son engagement dans le projet, avant de conclure sur  l'importance d'évaluer d'abord, pour généraliser ensuite les expérimentations de ce type : "Si elles semblent montrer de bons résultats, les initiatives restent trop souvent isolées". Conscient de cette nécessité, le directeur du pôle et Eric Pliez, directeur de l'association ont quant à eux souligné l'importance d'un lien fort entre l'Agence Régionale de Santé et la DRIHL, pour donner une chance à ces expérimentations et surtout pour les inscrire, dès lors qu'elles sont validées, dans un plus long terme.  

Mots clefs associés : Addiction    Visite    Exclusion   
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