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Des citoyens engagés pour Aurore

Le 27 mars 2014 | Actualités -

Christophe a 30 ans, Julie 45. L’un est ostéopathe, l’autre est documentariste. Leur point commun ? Ils interviennent tous deux bénévolement au sein d’Aurore, afin de partager leur savoir-faire auprès des personnes en situation de précarité.   

Entretiens

Qu’est ce qui vous a amené à faire du bénévolat ?

Christophe : J’aime beaucoup mon métier, et je souhaiterais que l’ostéopathie puisse profiter à plus de personnes, notamment celles qui n’ont pas les moyens de se payer ce type de consultations. Voila pourquoi mes deux associés et moi avons créé, en novembre 2012, notre association « Ostéopathie Internationale ». Au départ, notre idée était surtout d’intervenir à l’étranger, sur de courtes missions, en partenariat avec des ONG locales. Mais très vite, je me suis rendu compte qu’il y avait également un fort besoin sur Paris. J’ai alors rencontré Frédérique Stevenin, chef du service Lieu-dit d’Aurore, laquelle m’a fait connaitre l’association, son action, et tout l’intérêt d’y intervenir en tant que bénévole. En octobre dernier, nous avons donc mis en place un atelier d’ostéopathie au sein de ce service.

Julie : Il y a quelques temps, j’ai lu un livre sur les femmes de la rue qui m’a bouleversé. J’ai donc décidé, dans le cadre de mon métier de documentariste, de m’investir auprès de ce public en lui consacrant un sujet. Pour réaliser ce documentaire j’avais besoin de rencontrer quelques-unes de ces femmes, pour cerner leur univers et leurs conditions de vie. C’est pourquoi j’ai contacté Aurore, notamment la Maison Coeur de Femmes dans un premier temps, puis la Halte Femmes - un service qui me semblait plus adapté à mon sujet, car accueillant des femmes non stabilisées. Au fil de mes visites dans ce service, je me suis attachée aux femmes accueillies et j’ai donc décidé, en accord avec les besoins des bénéficiaires, d’y intervenir comme bénévole à raison d’un après-midi par semaine.  

En quoi consiste votre action et quel est, selon vous, son intérêt pour le public d’Aurore ?

Christophe : J’interviens actuellement dans deux services d’Aurore, le Lieu-Dit et l’Epicerie Solidaire, à raison de 4 demi-journées par mois. Les personnes accompagnées par ces structures sont en situation de difficultés socio-économiques et la dureté tant physique qu’émotionnelle de leur environnement influe fortement sur leurs corps. L’ostéopathie est une médecine manuelle dite « Holistique » qui prend en compte le corps dans sa globalité ainsi que son environnement. Lors des soins, les patients sont amenés à exprimer leurs douleurs tant physiques que morales. Mon travail est donc de les accompagner dans leurs blocages ou gênes.

Julie : Depuis un an, j’anime l’atelier « Gazette » à la Halte Femmes, tous les vendredis après-midi. Il s’agit d’une sorte de journal interne où chaque usagère a la possibilité de s’exprimer, qu’il s’agisse de raconter son histoire ou bien de revenir sur son parcours au sein du service. En général, les femmes parlent et moi j’écris. La Gazette est un outil d’estime de soi et de prise de recul, qui leur permet d’exprimer leur reconnaissance envers la Halte, ce qui leur tient à cœur. Pour moi, il s’agit presque d’un outil thérapeutique.   

Que vous apporte cette activité bénévole ?

Christophe : Le bénévolat me donne l’occasion d’aller à la rencontre des gens, ce qui est pour moi un vrai plaisir. La place qui m'est accordée au sein des deux services favorise les échanges avec les patients et le partage avec les professionnels. De plus, je ne ressens pas du tout de clivage entre les bénévoles et les salariés d’Aurore. J’ai par exemple déjà été convié aux réunions d’équipes des services. D’autre part, la démarche d’accompagnement dans laquelle se situe Aurore me convient parfaitement : les personnes accueillies restent autonomes et actives. Cela rejoint ma conception de l’ostéopathie, dont la mission est de faire en sorte que la personne soit en capacité de mener ses propres actions plutôt que de les accomplir à sa place.

Julie : Le bénévolat que j’effectue au sein de la Halte Femmes me bouleverse et m’apporte beaucoup. Au moment où tout cela a débuté, j’étais un peu perdue dans ma vie professionnelle. Travaillant à domicile, je me sentais de plus en plus coupée du monde, de la réalité. Mon action auprès de ces femmes m’a permis de revenir dans le réel. J’y ai trouvé un rapport humain extrêmement vrai, que l’on ne trouve pas forcément ailleurs. Au final, en leur redonnant confiance en elles, j’ai repris confiance en moi. Je me sens utile.

Quels sont vos projets ? 

Christophe : Au fond de moi, je pense que je continuerai toujours à pratiquer bénévolement l’ostéopathie. J’ai d’ailleurs un projet humanitaire en prévision au Bénin, que j’espère mener avant la fin de l’année. Actuellement, je suis le seul praticien de mon association, et c’est donc moi qui interviens dans les services d’Aurore. Mais mon cabinet professionnel reste ma priorité, car c’est lui qui me permet de subvenir à mes besoins et d’ainsi pouvoir consacrer une partie de mon temps au bénévolat. Pour développer l’action de mon association, que ce soit au sein des services d’Aurore ou à l’international, il faudrait donc que je recrute d’autres ostéopathes bénévoles. Cela pourrait notamment permettre aux jeunes diplômés de gagner en expérience tout en se confrontant aux particularités qu’induit le travail de soins avec des patients précaires.

Julie : Au départ, j’avais prévu de continuer ce bénévolat jusqu’en février dernier. Mais il s’avère que j’ai beaucoup de mal à lâcher les femmes de la Halte, auxquelles je me suis attachée. Je vais donc continuer jusqu’au mois de juin. Mais je ne pourrai pas poursuivre au-delà car je dois m’atteler à la réalisation du documentaire qui m’a poussé à intervenir à la Halte Femme. Au cours des prochains mois, je compte donc m’y consacrer pour que mon implication auprès de ces femmes puisse perdurer.    

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