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Les demandeurs d'asile : de Stalingrad à l'Ecole Centrale

Aurore poursuit sa mobilisation

Le 10 novembre 2016 | Actualités - Evénements -

Voilà maintenant plus d'une année qu'Aurore se mobilise pour l'accueil et la mise à l'abri des demandeurs d'asile. Ainsi, depuis juin 2015, l'association a ouvert 2 000 places d'hébergement consacrées.

Vendredi 4 novembre, jour du 141ème anniversaire de sa reconnaissance d'utilité publique, Aurore a une nouvelle fois répondu présent pour accueillir plus de 500 des 3 852 personnes évacuées du campement de Stalingrad, à Paris. Répartie dans trois centres ouverts par Aurore en région parisienne, une centaine de ces personnes a pu s'installer au sein du campus de l'Ecole Centrale de Paris.

 

© Vice 
 

4 novembre 2016, 10 heures du matin. Deux bus se garent sur le parking du campus de la prestigieuse Ecole Centrale de Paris, à Châtenay-Malabry (92). A leur bord, 99 hommes tout juste évacués du campement du quartier Stalingrad. Soudanais, Érythréens, Somaliens ou Éthiopiens, ces hommes ont fui leur pays et demandent l'asile en France.

Ils font partie des 500 "campeurs" orientés vers les sites d'hébergement ouverts le matin-même par Aurore, à Issy-les-Moulineaux (92), Maurepas (78) et Châtenay-Malabry. Il s'agit avant tout d'une opération de mise à l'abri de ces personnes, le temps qu'elles soient réorientées vers des CAO (centre d'accueil et d'orientation), structures d'hébergement adaptées aux besoins des demandeurs d'asile.

 

Permettre un cadre de vie digne

Le campus de l'Ecole Centrale est un lieu plein de vie : en plus des locaux administratifs et d'enseignement, il comporte des laboratoires, des infrastructures sportives, un restaurant universitaire ainsi que de nombreux logements étudiants.

"Au départ, il était convenu que les 99 migrants évacués soient hébergés pour 15 jours dans le gymnase du campus. Mais nous avons finalement été autorisés à investir 3 des 4 derniers étages d'un bâtiment résidentiel. Devant être détruit dans un an, il n'est plus que très partiellement occupé", explique Elisa Terry, qui encadre ce dispositif d'Aurore.

Un bâtiment déjà meublé et pourvu de chambres spacieuses, que les nouveaux arrivants ont pu investir par groupes de trois. "La direction de l'école nous a également permis d'ouvrir l'accès du restaurant universitaire aux personnes hébergées, avec le financement d'Aurore", poursuit la chef de service. Des conditions d'accueil optimales qui vont permettre à ces personnes, éprouvées par l'exil et la rue, de pouvoir procéder à leurs démarches de demandes d'asile dans un cadre de vie digne et reposant.

 

Une équipe Aurore présente 24h/24 

Pour assurer l'accueil de ces 99 hommes orientés vers le site de Châtenay-Malabry, quinzaine de salariés d'Aurore s'étaient portés volontaires et avait quitté pour une journée leur poste habituel.

"Des travailleurs sociaux, maîtres de maisons et agents hôteliers de services similaires s'étaient mobilisés pour mettre à profit l'expérience qu'ils ont pu développer ces derniers mois en termes d'accueil des demandeurs d'asile", indique Elisa Terry.

En attendant que l'équipe pérenne du site ne soit constituée (aujourd'hui chose faite), les salariés volontaires ont ainsi accueilli, informé et rassuré les personnes, qui se sont chacune vu attribuer un kit d'hygiène ainsi qu'une carte provisoire numérotée afin de pouvoir aller et venir sur le site.

"Lors de l'étape d'enregistrement, nous avons constaté que si la plupart de ces hommes sont arrivés en France il y a très peu de temps, les deux tiers ont déjà entamé la procédure de demande d'asile, ce qui induit de nombreux rendez-vous et la nécessité de se déplacer".

 

Un accueil chaleureux du campus

L'arrivée de ces demandeurs d'asile sur le campus de l'Ecole Centrale a été très bien acceptée, et l'heure est désormais à la mobilisation locale. Les centraliens, qui maîtrisent souvent l'anglais et parfois même l'arabe, ont la même tranche d'âge que la plupart des hommes hébergés et le vivre ensemble se fait très facilement :

"Il y a une mobilisation énorme des étudiants, qui nous déposent des habits quasi quotidiennement. Quelques jours après notre arrivée, certains d'entre eux sont venus proposer un footing collectif aux résidents, c'était drôle de les voir courir tous ensemble" sourit Elisa Terry.

Un élan de solidarité dépassant néanmoins les âges et statuts : "Nous sommes vraiment soutenus par les acteurs du site. Le corps enseignant est lui aussi mobilisé : certains sont venus nous voir pour connaître nos besoins, notamment au niveau éducatif, et sont en train de réfléchir à la mise en place d’interventions type cours de français etc.  Nous avons également reçu la visite de plusieurs élus de la commune qui souhaitaient savoir comment contribuer à l'action du centre". 

Comme l'explique Eric Pliez, Directeur général d'Aurore, cet accueil chaleureux a notamment été rendu possible par la dynamique de dialogue et d'ouverture amorcée par l'association : "L'équipe a reçu beaucoup de visites et va elle-même à la rencontre des personnes. Lors de l'ouverture d'un tel site, il est toujours important d'informer, de rassurer les acteurs impliqués : c'est pourquoi nous avons provoqué la rencontre entre centraliens et  demandeurs d'asile, afin qu'ils puissent échanger et créer des ponts. Si l'on adopte cette dynamique dès le début, il n'y a que des portes qui s'ouvrent. A l'inverse, refuser la transparence et l'ouverture, c'est créer de la frustration et du fantasme."   Aujourd'hui, Aurore attend l'arrivée dans ces locaux de l'Ecole Centrale de familles elles aussi issues du campement de Stalingrad, tandis que la centaine d'hommes arrivée le 4 novembre a déjà pu être réorientée vers un CAO de province.    
Mots clefs associés : Migrants    Hébergement   
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