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Le bénévolat doit rester un plaisir

Le 05 décembre 2013 | Actualités -

A l’occasion de la journée mondiale du bénévolat, Aurore a rencontré l’une des bénévoles qui permet d’apporter aux personnes en difficulté ce « plus » qui vient s'ajouter au travail social des équipes.

Le vendredi, aux alentours de 15h30, Isabelle installe son coin massage dans l'une des deux salles de l’accueil de jour de la Halte Femmes : des huiles essentielles et des huiles massage, des sels de bain, une bassine et du savon. Depuis quelques heures déjà, une liste d'attente est ouverte. 

 

Des massages à la Halte Femmes

Isabelle, 66 ans, est bénévole à la Halte Femmes. Il y a 7 ans, après s'être découvert une passion pour la sophrologie, la réflexologie et les massages, cette grande dame aux cheveux grisonnants et aux gestes vifs et puissants a décidé de faire profiter de ses talents des femmes en difficulté.

"Je masse environ 6 à 8 personnes dans l'après-midi, en fonction de l'affluence. Je passe près de 20 min avec elles. C'est le minimum pour qu'elles arrivent à se détendre", explique-t-elle. Une dame, un foulard noué dans les cheveux, le visage fatigué mais apaisé, a posé une jambe sur les genoux d'Isabelle. Elle lui masse le pied :

" Je marche toute la journée dans la rue, avec mes sacs, alors j'ai très mal aux pieds. Pour nous, ici, c'est un vrai luxe de se faire masser", fini-t-elle par dire.

La Halte Femmes accueille la journée des femmes en grande difficulté. Elles viennent se poser, discuter avec les travailleurs sociaux, voir le médecin ou la psychologue et puis manger, se laver, laver leurs vêtements. Entre 60 et 80 femmes se rendent chaque jour dans ce service.

Au milieu du brouhaha, souvent joyeux, Isabelle fait tout pour apporter un peu de calme et de sérénité aux femmes. C'est pour cela qu'elle ne parle à personne quand elle masse, "Parce que je veux que ce soit un moment calme, leur moment à elle", souligne-t-elle.

Et pour cause, ils sont rares les temps d’accalmie et de bien-être pour ces femmes qui vivent dans l'univers souvent violent de la précarité et de la rue.

Elle interrompt parfois la danse de ses mains, pour inviter les dames à se détendre : "Je sais, tu es sur le qui-vive toute la journée pour tenir, mais ici, il faut que tu te détendes" dit-elle avec chaleur.  

 

« Ce sont elles qui m’ont acceptée »

Isabelle raconte avec simplicité et humour son engagement auprès des femmes de la Halte. « J'ai reçu une éducation catholique. Dans ce milieu on parle tellement de la misère des autres, qu'on finit par en avoir peur ! Je voulais depuis longtemps faire du bénévolat, mais au final j'avais peur de me confronter à la détresse, à la pauvreté. Et puis quand mes enfants ont eu la trentaine, une fois quitté le nid familial, je me suis sentie autorisée à m'occuper d'autres personnes que mes proches. »

« J'ai entendu parler de la Halte Femmes, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis venue. Je voulais rencontrer l’équipe, prendre le temps de discuter… Le responsable m'a fait attendre dans la salle principale où les femmes se posent la journée. J’avais un tricot sur moi, j’étais assise au milieu des femmes, en train de défaire mes mailles et de rouler la pelote. Elle m’a échappé des mains, et c’est une femme, en face de moi, qui l’a attrapée. Ce petit geste a été le déclic qui nous a permis de discuter. Bien plus que l’équipe, ce sont finalement elles qui m'ont acceptée dans la structure. »

 

« Le bénévolat, il faut que ça apporte autant à celui qui donne son temps qu’à celui qui en bénéficie »

« Les premières années, quand l’été arrivait, j’avais vraiment du mal à partir en vacances. Non seulement je ne serais pas là pendant plusieurs semaines, mais je partais prendre du bon temps, pendant que ces femmes vivaient dans une grande pauvreté. »

« Et puis j’ai réalisé que ces moments de coupure étaient nécessaires, pour garder l’énergie, l'envie et le plaisir de donner de soi. Ce n’est pas parce qu’on est bénévole qu'il faut consacrer 100% de son attention à sa mission, aux personnes qu’on aide. Il faut du temps pour soi. Et quand on pousse la porte de la Halte, pour un nouvel atelier massage, écriture ou peinture, c’est parce que les femmes voient sur nos visages le plaisir d’être avec elles, que ça se passe si bien et depuis si longtemps».

Il est 18h, Isabelle range ses outils de « travail » dans l’arrière salle. En pliant son tablier, elle conclue joliment l’interview en ajoutant : « Pour que ça fonctionne sur le long terme, le bénévolat doit apporter autant à celui qui donne son temps qu’à celui qui en bénéficie »  

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