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Un chez soi d'abord à Paris

Le 11 septembre 2012 | Actualités - Tribunes -

Lancé au printemps 2012 à Paris, "Un chez soi d'abord" accueille ses premiers hébergés. Nous avons rencontré certains protagonistes de l'expérimentation parisienne, à savoir les travailleurs sociaux qui accompagneront pendant 3 ans les personnes accueillies.

>> A lire aussi : la présentation d'Un chez soi d'abord <<

 

Rencontres

Depuis le mois de juillet, Aline, Maia, Valérie et Stefano ont rejoint Jean-Marc Antoine, le coordinateur du projet Un chez soi d’abord. Ils composent ainsi l’équipe qui sera progressivement complétée, l'expérimentation devant durer 3 ans. Après quelques journées d’immersion au sein de maraudes ou d’Espaces Solidarité Insertion et la visite des logements captés pour le programme, l’équipe s’attèle en cette rentrée 2012 à l’emménagement des premières personnes accueillies.  

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler sur le programme Un chez soi d'abord ?

Maia : Mon expérience des maraudes m’a fait entrevoir le nombre de sans abris « coincés » à la rue car les solutions proposées aux plus fragiles sont toujours les plus précaires. J’ai pu constater que lorsque les personnes sont désocialisées, pratiquement rien ne fonctionne. C’est extrêmement frustrant de constater que les solutions proposées détruisent au final les personnes à qui elles sont destinées, simplement parce qu’elles ne s’adaptent pas à leurs besoins. C’est pour cette raison que j’ai voulu participer à l’expérimentation de cette nouvelle solution.

"L’originalité et l’ambition d’Un chez soi d’abord m’ont décidé à y participer" Aline

Aline : C’est l’originalité, l’ambition du projet et l’envie personnelle de relever ce défi qui m’ont décidée. La pluridisciplinarité de l’équipe (travailleurs sociaux, médecins, infirmières, médiateurs santé pair) me semble être une véritable richesse : nos grilles de lectures sont différentes et apporteront plus aux personnes accompagnées.

Valérie : Pour ma part, je ne connaissais pas du tout le principe du programme auparavant. J’avais envie de travailler à nouveau auprès de grands précaires et j’ai particulièrement apprécié la polyvalence demandée sur ce poste.

Stefano : Quant à moi, je n’ai que peu d’expérience auprès des personnes en situation de précarité. Mais, comme beaucoup de professionnels, je pense que le secteur du social et de la psychiatrie doivent se rapprocher. J’ai trouvé la passerelle créée par le projet Housing First particulièrement pertinente. Aujourd’hui les personnes sans abri atteintes de pathologies psychiatriques sont les bêtes noires des centres hospitaliers car l’instabilité dans laquelle elles se trouvent met souvent en échec la psychiatrie. Avec « Un chez soi d’abord », il va nous falloir déconstruire nos habitudes de travail -ce qui est particulièrement intéressant- pour nous adapter aux besoins du patient. C’est là que la pluridisciplinarité est importante et va aider cette déconstruction de nos pratiques.  

Vous semblez unanimes sur les qualités du programme. Pourtant certains professionnels restent dubitatifs quant à sa réussite. Que leur répondez-vous ?

Aline : Qu'il ne faut pas avoir peur du changement... Pour autant, il n’est pas dit qu’"Un chez soi d’abord" corresponde à tout le monde. Et il ne s’agit pas simplement de leur donner les clés d’un logement et d’observer les résultats. Le public sera suivi très intensément et en fonction de ses besoins. Un service d’astreinte téléphonique 24h/24 est par ailleurs mis en place.

Maia : Finalement, « Un chez soi d’abord » poursuit les mêmes objectifs que les autres dispositifs : faire accéder les personnes en difficultés au droit commun. Ce sont simplement le cheminement pour y accéder et le principe de prise en charge qui changent.

"Un chez soi d’abord poursuit les mêmes objectifs que les autres dispositifs : faire accéder au droit commun" Maia

Y a-t-il des points dans l’organisation du programme « Un chez soi d’abord » qui vous posent aujourd’hui question ?

Maia : En effet, nous craignons que les personnes accueillies ne se trouvent en difficulté face à la solitude. A la rue, les gens sont dans une dynamique de survie qui leur donne de l’énergie. Passé le temps de l’installation et lorsque les questions élémentaires seront réglées, il leur restera à affronter le vide. Ce passage peut être périlleux pour des personnes désocialisées généralement depuis de nombreuses années. Et en tant que professionnels, il faudra assurer un suivi intensif sans devenir une sorte de famille d’accueil.

Une première personne vient d’être logée dans le programme Housing First. Comment son installation se déroule-t-elle ?

Maia : Il s’agit d’un homme ayant vécu une dizaine d’années à la rue à Paris, et qui souffre d’une pathologie psychiatrique. Il fait partie d’Un chez soi d’abord depuis 10 jours maintenant et pour le moment l’équipe l’a rencontré tous les jours. Nous sommes d’ailleurs surpris par la facilité avec laquelle il a investi son logement et par l’organisation dont il a fait preuve pour y rapatrier ses affaires. Mais nous sommes aussi très vigilants et l’on espère que cette première entrée se passera sous les meilleurs auspices, en prévision des 29 autres que nous organiserons avant la fin de l’année.

Dans cette expérimentation, personnes accueillies comme professionnels devront faire preuve d’ouverture, de persévérance et d’endurance pour s’acclimater les uns à une nouvelle vie et les autres à une mission d’un nouveau genre. Au sortir de cette interview, il apparaît que tous les acteurs « d’Un chez soi d’abord » ont conscience du chemin à parcourir mais qu'ils sont prêts à relever ce défi.

>> A lire aussi : la présentation d'Un chez soi d'abord <<

L'équipe parisienne

  • Aline, conseillère en économie sociale et familiale

Aline, 28 ans, a été détachée de son poste de Conseillère en Economie Sociale et Familiale au CHRS Relais Les Carrières (Paris 13ème) pour rejoindre l’équipe « d’Un chez soi d’abord ». Après ses études en 2004 à Toulouse, elle a assuré une mission de soutien à la parentalité puis accompagné durant 6 années des hommes seuls hébergés en CHRS.

  • Maia, travailleuse sociale

Maia, 28 ans, a fait des études en Relations Internationales puis a travaillé quelques temps au sein de l’ONG Frères des hommes. C’est en tant que bénévole au sein de maraudes qu’elle a découvert le public des grands exclus vivant à la rue. Devenue par la suite et pour 2 ans coordinatrice des maraudes sur le 11ème arrondissement de Paris pour l’association Charonne, elle s’est ensuite portée volontaire sur l’expérimentation.

  • Valérie, infirmière

Valérie, 38 ans, est infirmière en psychiatrie. Formée au sein de l’APHP, elle a travaillé dans un premier temps en réanimation pédiatrique, puis en pédopsychiatrie, avant de réaliser des maraudes au sein du Samu social de Paris ou de la Croix Rouge. Après 7 ans de service à l’hôpital psychiatrique d’Etampes, elle vient de rejoindre l’équipe en septembre.

  • Stefano, médecin psychiatre

Stefano, 60 ans, a surtout exercé dans différents secteurs de psychiatrie d'adulte du Centre Hospitalier Sainte-Anne à Paris, en ambulatoire et en milieu hospitalier fermé, aux urgences, auprès de toxicomanes, en milieu pénitentiaire, dans des centres de santé municipaux. Il partage actuellement son activité de praticien hospitalier entre le Groupe Hospitalier Paul Guiraud à Villejuif et l'Etablissement Public de Santé de Maison Blanche qui est le porteur sanitaire du dispositif expérimental.

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