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Le CHRS Le Lieu-Dit libère la parole des jeunes en difficulté

Le 13 février 2014 | Actualités - Tribunes -

Dans une rue calme du 11ème arrondissement, depuis 13 ans, le CHRS le Lieu-Dit offre aux jeunes de 18 à 30 ans du temps et des clés pour se reconstruire psychologiquement. Parce que le mot « psychologue» est souvent mal perçu par ces jeunes, depuis 2007 l’équipe a choisi d’expérimenter la consultation avancée : aller à la rencontre des jeunes pour leur démontrer comment le Lieu-Dit peut les aider.

 

Accompagner sans bousculer, entourer sans enfermer.

Ces jeunes sont à peine majeurs. Pourtant, les différentes difficultés qui jalonnent leur parcours les ont sortis de l’enfance prématurément. Les 94 jeunes accueillis (par an) par le CHRS le Lieu-Dit ont tous vécu des ruptures familiales (expérience malheureuse en famille d’accueil, relations conflictuelles ou abandon des parents). La majorité des jeunes reçus ont des troubles psychiques et/ou consomment des psychotropes. En quête de normalité, ils s’empressent de chercher du travail ou une formation, « mais ce n’est généralement pas le plus urgent », explique Frédérique Stévenin, responsable du service « le plus urgent est de reprendre pied avec la réalité et reprendre confiance en eux ».

Pour cela, le Lieu-Dit entoure les jeunes d’un accompagnement très présent, avec pas moins de cinq référents (psychologue, assistante sociale, éducatrice spécialisée, chargée d’insertion professionnelle et médiateur social) tout en leur laissant la possibilité d’être accompagnés à leur rythme. La pluridisciplinarité prend alors tout son sens.

Outre les rendez-vous qu’ils peuvent avoir avec les professionnels, les jeunes peuvent participer aux ateliers de l’après-midi (photographie, sport doux, écriture…). Ces ateliers sont animés par des intervenants externes, qui ne sont pas travailleurs sociaux et portent sur eux un regard différents.

Marvin, 24 ans, alterne un petit boulot dans la peinture qu’il vient de commencer et les ateliers du Lieu-Dit : « Du coup, je suis occupé toute la semaine, ça me fait du bien parce que j’ai arrêté de boire, il y a 3 mois. Et puis je prends mieux mes médicaments, ça fait du bien ça aussi », explique-t-il. Marvin est arrivé au Lieu-Dit il y a 6 mois après un long séjour en hôpital psychiatrique. Comme tous les jeunes accueillis, il reçoit un soutien psychologique, base de la prise en charge du service. Mais pour ces jeunes, le « psy » est souvent un professionnel avec lequel « ça s’est mal passé », celui qui parfois a été à l’origine d’un placement. Amener les jeunes à commencer un suivi psychologique peut donc être compliqué.

 

 

Des consultations avancées pour rassurer

« Il est arrivé qu’une mission locale nous appelle, annonçant l’arrivée d’un jeune, mais que ce dernier ne pousse jamais la porte du Lieu-Dit… alors qu’il n’y a qu’une centaine dem ètres entre nos deux services », raconte Frédérique Stévenin. Peur de l’inconnu, angoisse du divan… des obstacles que l’équipe a choisi de contourner en allant au-devant du jeune. « Un membre de l’équipe vient directement dans la structure qui souhaite l’orienter. Il lui présente le CHRS, notre fonctionnement, ce qu’on peut lui apporter. On voit bien que ce n’est qu’une question de confiance », témoigne-t-elle.

En effet, en 2013, ces visites ont permis de rencontrer une vingtaine de jeunes, dont plus de la moitié a commencé ensuite un suivi au Lieu-Dit. « Les partenaires ont très bien accueilli cette consultation avancée. Et pour aller encore plus loin dans le rapprochement des jeunes et des psychologues, on propose même aujourd’hui d’assurer des consultations psy directement chez les partenaires. Il arrive également que certains jeunes nous soient adressés uniquement pour une consultation spécifique (insertion professionnelle, soutien psychologique ou encore participation à un atelier). C’est un suivi sur mesure". Comme le souligne Frédérique Stévenin, les compétences de l’équipe sont mises au profit des jeunes à 120% !

En 2014, les consultations avancées se poursuivront avec l’intervention du Lieu-Dit auprès de trois partenaires (CHU Plurielles, Mission Locale, CHRS Charonne, Étoile du Matin).

 

Mots clefs associés : Personnes accueillies    Insertion sociale   
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