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Aurore quitte l'INPI

Bilan d'une expérience innovante

Le 29 septembre 2016 | Actualités - Evénements -

Cet été, Aurore rendait les clés d’un immense bâtiment de la rue de Saint Petersbourg (Paris 8ème). Dans ce lieu initialement mis à la disposition d’Aurore pour l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence, l’association a lancé le projet de l’Archipel en faisant le pari que l’innovation naîtrait de la mixité sociale. Forte de cette expérience, Aurore cherche aujourd’hui à développer ce modèle.

 

De l’urgence à l’expérimentation

Hiver 2012. Tandis que les températures baissent, des familles dorment dans les rues de Paris. Pourtant, les bâtiments inoccupés sont nombreux dans la capitale. Parmi eux, l’imposant immeuble du 26bis rue de Saint Petersbourg, dans le 8ème arrondissement. Après le départ de l‘Institut national de la propriété industrielle (INPI) et de ses 500 salariés, les quelque 10 000 m2 que compte l’immeuble sont désespérément vides. « L’endroit serait resté désert et gardé par des maîtres-chiens si le Préfet n’avait pas eu la bonne idée de nous confier les lieux» explique Eric Pliez, Directeur général d’Aurore.

La gestion du site est ainsi confiée à l’association, qui y créé le centre d’hébergement d’urgence pour familles « Saint Petersbourg », en attendant que l’Etat revende le bâtiment à la Ville. Les anciens bureaux sont aussitôt réaménagés en chambres pensées pour préserver l’unité et l’intimité des familles.

« Nous devions ouvrir une centaine de places le temps de l’hiver, mais la vente a traîné et nous avons pu augmenter considérablement notre capacité d’accueil. En parallèle, nous avons profité du temps imparti pour penser un mode d’hébergement décloisonné et innovant, qui a donné lieu à l’ouverture de L’Archipel ».

 

L’Archipel, espace de mixité sociale

En 2014, l’Archipel voit le jour. Jouxtant le centre d’hébergement, c’est un lieu d’innovation collective consacré à l’événementiel et à la solidarité qui poursuit un but : faire du lien.

Servant jadis de bibliothèque à l’INPI, la chapelle désacralisée du site devient un espace convivial réservé à l’organisation d’événements privatisés ou ouverts au grand public. Dans les bureaux restants, Aurore installe une trentaine d’entrepreneurs sociaux. Ainsi, l’association donne vie à un lieu où tous les publics se croisent et se côtoient. Un lieu esthétique et atypique qui attire riverains et curieux, où les entrepreneurs sociaux peuvent se créer un réseau et mieux connaître les besoins des personnes en situation de précarité qui, elles, ne sont pas reclues et peuvent, si elles le souhaitent, rencontrer d’autres personnes l’autre lors d’activités ou d’événements divers.

Sophie Alary, Directrice du secteur Economie sociale et solidaire d’Aurore : « L’hébergement et le travail social sont assez abstraits pour le grand public. Nous voulions les décloisonner, rendre nos actions plus lisibles et les résidents plus en contact avec l’extérieur. Nous souhaitions aussi associer davantage le public à notre démarche et de lui permettre d’agir.» Cours de chant, d’écriture, couture, atelier de codage informatique, boutique de troc... De nombreux ateliers, animés par des bénévoles, se mettent ainsi en place. Autre innovation, les activités génératrices de revenus que sont la location d’espaces et l’organisation d’événements payants participent au financement du lieu et sont un autre moyen d’impliquer le public.

 

Un modèle à reproduire

Aujourd’hui, les personnes hébergées ont été réorientées, vers d’autres centres ou dans des logements de droit commun, et Aurore a rendu les clés à la Ville de Paris. Mais la dynamique demeure.

Avec les deux occupations temporaires des Grands Voisins (Paris 14ème) et du centre d’hébergement d’urgence de 16ème, Aurore cherche non seulement à répondre à un besoin d’hébergement croissant, mais elle poursuit cette volonté de décloisonner l’action sociale, en gérant des sites ouverts sur la cité.

« Nous avons lancé une dynamique avec cette expérimentation de la rue de Saint Petersbourg. Nous nous implantons progressivement dans des territoires que nous connaissons peu, où la mixité semble être un défi. Mais au final, tout le monde se retrouve dans la découverte de l’autre. Nous avons prouvé que la mixité, ce n’est pas que du vent », explique Sophie Alary.

Quelques chiffres :

  • 170 places d'hébergement pour familles et femmes seules
  • Extension en 2015 de 44 places d'accueil pour demandeurs d'asile
  • Une trentaine de co-worker résidents
  • Plus de 200 évènements organisés
Mots clefs associés : ESS    Insertion sociale   
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