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SCAMPS, un service mobile

Le 27 août 2014 | Actualités - Tribunes -

SCAMPS... L’acronyme peut sembler énigmatique. L’activité du Service de Coordination et d’Accompagnement Médico-Psycho-Social (SCAMPS), elle, ne l’est pas : chaînon manquant permettant de prendre en charge des personnes en dehors de tout circuit d’aide et de soin, il participe à une meilleure coordination des dispositifs médicaux et sociaux autour de la personne. Un dispositif adressé aux personnes en situation de précarité, atteintes d’un cancer.    

Un chaînon manquant

François Le Sénéchal nous reçoit entre deux rendez-vous. L’une des infirmières du SCAMPS et lui doivent ensuite se rendre dans un camp rom, à la rencontre d’une femme malade. Éducateur spécialisé, il travaille depuis plus de 7 ans dans l’agglomération nantaise, en Centre d’hébergement d’Urgence, de Réinsertion Sociale ou en Lits Halte Soins Santé. Depuis plus d’un an, il mobilise son réseau et son expérience pour le SCAMPS.

En 2012, l’équipe de L’Entr’act* fait le constat –partagé avec ses partenaires- du manque d’accompagnement global prévu pour les personnes en situation de précarité atteintes d’une pathologie chronique invalidante** ayant un toit. Dans le cadre de l’appel à projets « Précarité cancer »de l’Institut National contre le Cancer (INCa), l’équipe des ACT pense le SCAMPS : une équipe médico-psycho-sociale mobile prenant appui sur l’expérience des ACT.

En effet, après enquête, elle dénombre 2700 à 4000 habitants de Loire-Atlantique, malades d’un cancer et en situation de précarité. L’expérimentation a débuté fin 2012 pour 2 années, avec le soutien financier de l’INCa, de l’ARS Pays de la Loire et de la Ligue contre le cancer 44. Sous la direction de Pierre-Emmanuel Nicolau, l’équipe débute les accompagnements à domicile en janvier 2013. Elle est composée de deux infirmières, d’un médecin coordinateur d’un psychologue, d’une secrétaire et d’un travailleur social.

« La précarité est généralement inscrite depuis longtemps dans le parcours de la personne», explique François. Il illustre ses propos : « Nous avons accompagné un monsieur qui avait toujours vécu de façon marginale. Il dormait chez ceux qui voulaient bien l’héberger en échange d’un coup de main et refusait toute aide (pas de RSA ou de couverture sociale). Atteint d’une leucémie, il a rencontré l’assistant social de l’hôpital qui lui a présenté le SCAMPS. Il a accepté de nous rencontrer puis de débuter un accompagnement. Nous avons remis en place le régime général avec lui, fait une demande d’AAH (Allocation Adulte Handicapé) et de logement d’urgence afin de se poser et se de rapprocher de ses enfants. Ils ont pu ainsi le voir régulièrement avant qu’il ne décède. Avec les partenaires, nous avions fait en sorte qu’il ait des funérailles décentes et une fin de vie respectant ses souhaits. L’accompagnement et la coordination ont duré 4 mois. »

 
 

Le droit commun, à domicile

Par nature, le programme enjoint la personne à livrer son histoire aux professionnels, voire à consentir d’aborder avec eux la plus intime des questions, celle de la mort. La confiance est alors primordiale ; celle du maillage partenarial élémentaire pour soutenir globalement la personne. « Le temps de la maladie n’est pas le temps administratif, ni celui de la personne. Notre rôle est de coordonner et hiérarchiser les actions avec les partenaires du droit commun pour soulager la personne » explique François. Depuis le début de l’expérimentation, lui et ses collègues ont mobilisé une centaine de partenaires différents pour les besoins des personnes accompagnées.

« A domicile » peut parfois signifier en CHRS ou en pension de famille... Souvent démunis face à la maladie, les professionnels des structures accueillent le suivi du SCAMPS avec intérêt. Les infirmières et le médecin coordonnent alors les rendez-vous médicaux, facilitent la mise en place de l’étayage médical pour le maintien dans le lieu de vie. Les infirmières accompagnent les personnes aux consultations clefs et peuvent alors désamorcer les angoisses.

L’expérimentation de SCAMPS démontre que cette coordination autour de la personne permet de l’accompagner dans son environnement et dans le respect de son parcours de vie. Il facilite l’articulation du soin et du social avec la prise en compte de la dimension psychologique pour un accompagnement global, qui s’inscrit ainsi dans la politique du Logement d’abord. Les retours des partenaires, des bénéficiaires et des familles sont positifs mais le dispositif doit maintenant convaincre et trouver un financement stable pour poursuivre son travail auprès des personnes.

 *L’Entract est un service Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) géré par Aurore à Nantes depuis 2007.
**Somatique, c’est-à-dire non liée à une situation d’addiction.  
Mots clefs associés : Accès aux soins   
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