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Le développement psychique et cognitif de l’enfant ne se réalise qu'avec le lien à sa famille

L’accompagnement des enfants et de leurs parents dans les soins psychiques

Dans le 15 arrondissement de Paris, l’association Aurore a, depuis plusieurs années, trois services de soins psychiques à destination des enfants : l’hôpital de jour Dutot, l’Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique (ITEP) et un Service d’Education Spécialisée et de Soins A Domicile (Sessad) L’éveil. Dans chacune de ses structures les professionnels accompagnent dans les soins et l’inclusion les enfants et leurs parents.

L’adhésion et l’engagement des parents dans le projet d’accompagnement de l’enfant sont nécessaires et recherchés par l’équipe pluridisciplinaire de ces structures. Cette mobilisation des parents exige la mise en place d’une relation de confiance parents-professionnels, garantie par le secret partagé et la confidentialité du chef de service.

Les trajectoires de vie sont parfois empreintes de ruptures familiales intervenues précocement dans la vie de l’enfant. Les parents sont en souffrance. Ils se trouvent parfois dans une situation d’exclusion ou de précarité. Ils témoignent d’un vécu difficile et d’un isolement qu’il nous faut écouter et prendre en compte.

C’est majoritairement, au moment des premières années de scolarisation, que les troubles de l’enfant se révèlent et rapidement restreignent les possibilités d’inclusion de l’enfant en milieu ordinaire. Les parents et leur enfant, sont alors orientés vers un lieu de consultation en pédopsychiatrie, où une évaluation et un suivi peuvent leur être proposés. Ce suivi pour les enfants les plus en souffrance, n’est souvent pas suffisant, les médecins pensent alors une orientation vers un lieu d’accueil spécialisé.

Cette étape est souvent difficile à accepter pour les parents. Elle s’accompagne pour l’orientation en ITEP ou SESSAD par la reconnaissance d’un « handicap » auprès de la Maison Départemental des Personnes Handicapées (MDPH), et  un Hôpital de Jour lorsqu'il s'agit de la reconnaissance d’une « maladie ». Dans les deux cas, il s’agit pour les parents et pour l’enfant d’accepter la reconnaissance d’un « trouble psychique », autrement dit d’un trouble (maladie-handicap) difficilement perceptible.

La mise en place pour chaque enfant d’un binôme référents, clinicien/éducateur spécialisé, permet un accompagnement spécifique auprès des parents, dans le temps, parfois lent et douloureux de la préadmission et tout au long du parcours de soin pour l’enfant. Des entretiens réguliers avec les parents sont indispensables pour qu’ils soient associés et participent au long cheminement de ce travail thérapeutique. Le développement psychique et cognitif de l’enfant ne peut se faire que dans le lien à sa famille. L’intervention à l’égard d’un enfant suppose forcément d’interroger le contexte familial et historique dans lequel ont surgi ses symptômes, et d’aider les parents à parler de la souffrance qui en découle pour eux-mêmes.

Cet accompagnement des parents est soutenu par un travail collaboratif resserré avec les consultations réalisées dans des établissements médico-sociaux (CMP – CMPP CAPP) qui resteront le lieu « prescripteur » des soins.

Il s’attache aussi à soutenir, informer les parents dans la réflexion et la construction du projet de scolarisation, par de l’aide à la décision et la participation systématique des professionnels auprès des parents, dans le cadre des Equipes de Suivi de la Scolarisation.