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Les visages d'Aurore : Mohammed Belhadi

Un travailleur social au parcours atypique

Le 25 avril 2018 | Actualités - Actus à la Une - Portraits -

 

 

Une vocation née de son propre parcours d’accompagné
 

S'il est aujourd'hui, et depuis plusieurs années, travailleur social au sein d'Aurore, Mohammed a une histoire particulière avec l'association : il y a d'abord été accompagné. A une période de sa vie, Mohammed rencontre une problématique d'addiction et prend contact avec Aurore pour entamer une dynamique de sevrage. Il va ainsi passer plus de deux ans au sein des communautés thérapeutiques de Brantôme et d'Aubervilliers, une expérience qui va non seulement lui permettre de tourner la page de l'addiction mais également de se découvrir un véritable vocation. 

« J’ai connu l’existence des consellors. Ce sont des professionnels, thérapeutes ou des travailleurs sociaux, qui au cours de leur vie ont eux aussi connu l’addiction et qui se servent de leur expérience pour aider les autres. Une découverte énorme, je me suis dit que je voulais faire partie d’eux ! »

 

« Si ce que tu as compris tu le gardes pour toi, c’est stérile »
 

C’est après avoir renoué avec le monde du travail et accédé à un logement autonome que Mohammed effectue les démarches pour s’investir à son tour : « J'avais manifesté mon désir de travailler au sein d'Aurore, qui à cette époque avait justement la volonté de mettre à profit l'expérience des personnes accompagnées via leur professionnalisation ».

Après un processus d'embauche classique, Mohammed est embauché en 2014 en tant qu'agent d'accueil au centre d'hébergement d'urgence Le Loiret d'Aurore. La structure est tout nouvelle, et accueille un public hétérogène composé de familles, personnes isolées, puis également de demandeurs d'asile. Charge à Mohammed de veiller à la logistique du site, mais également d'assurer une présence sécurisante pour les résidents. « Je me suis senti à ma place tout de suite, ici il était question d’humain, du concret ». Après un an à ce poste, Mohammed a créé des liens, et au contact des travailleurs sociaux il souhaite s’investir encore d’avantage : « Si ce que tu as compris tu le gardes pour toi, c’est stérile ».

Après discussion avec l'équipe et de multiples formations, il devient à son tour travailleur social. En charge du suivi administratif des situations, mais également de la mise en place de partenariats au sein du centre, Mohammed « sirote du bonheur ». Après la fermeture du Loiret fin 2017, il intègre le centre d'hébergement d'urgence pour migrants Jaurès à Boulogne, où il s'applique de nouveau à tisser un réseau partenarial autour des personnes accueillies. Un réseau riche et polyvalent qu'il s'emploit dorénavant à développer autour de 3 autres centres d'hébergement du pôle Urgence sociale et hébergement d'Aurore : le Pré-Saint-Gervais, la Promesse de l'Aube, et le centre de René Coty.

 

Faire du bien-être de la personne un pilier de son accompagnement


Depuis son bureau, Mohammed gère un planning chargé d’activités diverses. Son job : mettre de la vie et du bien-être dans un quotidien souvent douloureux et rythmé de contraintes administratives, particulièrement pour les demandeurs d'asile.

Plus de 600 personnes, hébergées dans les 4 centres dont il s’occupe, peuvent bénéficier grâce à lui de cours de français, de boxe, de danse, d’un accès à une salle de sport et à un hammam, de culture civique... Comment ? Grâce aux nombreux partenariats que Mohammed signe avec des organismes ou des écoles, comme Science Po, dont les étudiants sont nombreux à se mobiliser bénévolement dans les centres d'Aurore.

« Le travail social est très administratif. Ce que je cherche à faire en développant ces activités c’est à remettre le bien-être et la connaissance de soi au cœur de notre travail. C’est un moment d’attention donné aux personnes qui ont des vies difficiles, enfin on s’occupe un peu d’elles, de ce qu'elles sont et ressentent ».

Pour Mohammed, chaque personne accompagnée dont le parcours s’éclaircit est un bonheur : " Il y a peu de temps j’ai rencontré un jeune soudanais hébergé au Loiret, et tout de suite on a parlé sport. Je me suis rendu compte que ce jeune avait de l’or dans les pattes, c'était un véritable athlète ». Depuis, et grâce aux contacts de Mohammed, le jeune coureur a rejoint l’équipe d’athlétisme du Stade Français et sa situation a beaucoup évolué.

Une victoire parmi d’autres !